Vie dans le désert
- Paula Leitner

- 25 juil.
- 7 min de lecture

Cela fait déjà six semaines que je suis à la Fontaine des Larmes, à Arad, en Israël, et j'ai bien sûr beaucoup de choses à raconter. Ces dernières semaines, je me suis occupée de la maison, du jardin et de la Fontaines des Larmes, tout en essayant de rattraper mon retard dans mon travail. Je commence chaque journée par travailler dans le jardin ou à la maison. J’ai d’ailleurs un peu de sagesse de désherbage à partager avec vous 😉. Après après mon sport matinal et mon petit-déjeuner, je reprends ma routine habituelle (si tant est que j’en aie une…) faite de prière et de travail (principalement l’écriture), mais je prévois aussi du temps pour voir des amis, que ce soit en ligne ou en vrai. Et puis il y a mes promenades du soir. J’essaie de me promener trois fois par semaine, si possible dans le désert. Même si les environs d’Arad ne sont pas aussi spectaculaires que, par exemple, Nahal Zin, près de Sde Boker, j’apprécie tout de même énormément ces balades. Pour moi, le désert est un lieu qui témoigne de la majesté de Dieu : le silence, les rochers, leurs couleurs, leurs textures et leurs formes. La diversité constante du paysage et, au milieu de cette terre aride et desséchée, les petits signes de vie que l’on rencontre : ici une fleur, là un oiseau, parfois même un papillon, et ici, autour d’Arad, régulièrement un troupeau de chameaux. Je bois tout cela et c’est un baume pour mon âme.
À la Fontaine, j’ai reçu en moyenne deux visites par semaine, ce qui n’est pas mal du tout pour un été et en temps de guerre ! J’aimerais vous parler d’une de ces visites en particulier. Il s’agissait d’une jeune Allemande et d’une Israélienne d’une génération plus âgée. Elles s’étaient rencontrées en décembre 2023 en Allemagne, donc après le déclenchement de la guerre. Cette dame israélienne rendait visite à son fils, qui vit en Allemagne. À un moment donné, elle est passée devant un sapin de Noël à côté duquel se trouvait une menorah, et la jeune Allemande était assise juste à côté. Cette association entre un sapin de Noël et la menorah était si inhabituelle pour la dame israélienne qu’elle a engagé la conversation avec la jeune Allemande. Cette jeune femme est croyante, chrétienne, et elle aime Israël. Pour la femme israélienne, c’était une nouveauté et quelque chose d’inimaginable : qu’il existe des chrétiens qui aiment Israël. Elle a été si profondément touchée qu’elle a invité la jeune Allemande à séjourner chez elle lors de sa prochaine visite en Israël. Depuis, elles ont noué une amitié et la jeune Allemande est venue lui rendre visite. Le contraste entre elles ne pouvait être plus flagrant : une Allemande non juive face à une Israélienne juive, une croyante entretenant une relation vivante avec Dieu face à quelqu’un qui dit ne pas croire en Dieu (mais qui a pourtant déjà entendu Sa voix…), sans oublier la différence d’âge. Mais l’amitié qui les unissait était très évidente et magnifique. La visite à la Fontaine les a toutes deux profondément touchées. La femme israélienne, qui ne croit pas en Dieu, a même déclaré que c’était un lieu saint, et que la prochaine fois que la jeune femme viendrait lui rendre visite, elles y retourneraient !
À l'exception d'un seul voyage au nord d'Israël au début de mon séjour, je ne me suis pas beaucoup déplacé. Mais ce voyage-là a été inoubliable. Bien sûr, une visite à mes chers amis à Hadera était également au programme ; l'un d'eux est un survivant de l'Holocauste originaire d'Eindhoven, ma ville aux Pays-Bas. C'est toujours un moment doux. Le moment choisi pour cette visite avait toutefois une autre raison. Mon amie allemande de Galilée organisait à nouveau, avec son équipe, un barbecue pour les soldats. L’année dernière, j’avais participé à l’un de ces barbecues, qui s’était déroulé alors tout près de la bande de Gaza. Cette fois-ci, c’était à la frontière libanaise. Il s’agissait d’une unité de réservistes, donc âgés de 25 à 55 ans. L’ambiance était très différente de celle de l’année dernière, où les soldats étaient plus jeunes et effectuaient leur service militaire obligatoire. De plus, l’année dernière, les soldats venaient tout juste de quitter Gaza (moins de deux heures auparavant !) et cette fois-ci, ils s’apprêtaient à partir pour une nouvelle mission. Mais la gratitude et le respect avec lesquels nous avons été accueillis étaient les mêmes ! Et c’est exactement ce que nous voulions leur montrer : de la gratitude et du respect. Nous avons essayé de l’exprimer en leur offrant beaucoup de viande, des frites, des desserts, de la pastèque et de petits cadeaux à ramener chez eux pour leurs femmes, leurs copines ou leurs mères. J’ai eu de très belles discussions avec certains soldats et je me sens très privilégiée d’avoir pu participer à cet événement !
Alleen in Israel, Ps 137:5 in de supermarkt
Mais revenons un instant à ces conversations de désert. Chaque matin, je m’assois dehors avec vue sur le désert et j’admire le paysage, surtout lorsque les chameaux de notre jardin passent devant chez nous. Une de mes amies m’a demandé si le désert n’était pas toujours le même, jour après jour. Dans un certain sens, c’est vrai, mais en même temps, c’est à chaque fois différent. Surtout lors de mes promenades dans le désert, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir : un nouveau sentier, une nouvelle fleur, une lumière différente qui offre une perspective différente, ou simplement le fait de voir les choses sous un autre angle. Jusqu’à présent, je ne me suis donc pas encore lassée du désert (et je ne pense pas que cela arrivera de sitôt 😉). Au cours de mes randonnées dans le désert, Dieu m’a également fait découvrir des sagesses sur la marche, que j’aimerais partager avec vous.
• Va jusqu'au bout : quand tu avances sur un chemin, tu peux avoir l'impression qu'il s'agit d'une impasse. Ce n’est qu’une fois arrivé au bout que tu verras si la route continue. Cela peut être déconcertant, car tu as peut-être l’impression d’être dans une impasse et de perdre ton temps et ton énergie. Mais tu ne sauras jamais où la route te mène si tu ne la suis pas jusqu’au bout. Et pour être honnête, je n’ai encore jamais trouvé d’impasse dans le désert.
• Suivre les panneaux : lorsque vous empruntez un sentier de randonnée balisé, vous ne voyez le panneau suivant qu’après avoir dépassé le précédent. Et même dans ce cas, il faut parfois continuer « à l’aveuglette » en direction du dernier panneau avant d’en apercevoir un nouveau. Il en va de même pour notre cheminement avec Dieu. Nous savons peut-être quelle est la prochaine étape, mais nous voulons déjà connaître les étapes deux, trois et quatre. D’après mon expérience, Dieu ne nous montre que rarement ces étapes suivantes. Ce n’est pas pour rien que le Psaume 119, verset 105, dit : « Ta parole est une lampe pour mon… » Souvent, cela est traduit ici au pluriel, « pour mes pieds », mais en hébreu, c’est au singulier : « pour mon pied ». Cela signifie : pas à pas.
Et comme promis, voici quelques sagesses de désherbage :
• Souvent, il faut retirer les mauvaises herbes mortes, qui semblent ne plus avoir de vie, pour pouvoir voir et arracher celles qui poussent en dessous. On pourrait être tenté de laisser les mauvaises herbes mortes en place, puisqu’elles ne poussent plus de toute façon et qu’elles ne vous gênent peut-être pas vraiment, mais dans ce cas, vous ne verrez pas non plus celles qui poussent en dessous.
• Les mauvaises herbes peuvent être jolies et avoir de jolies petites fleurs. Le danger de les laisser pousser réside dans leur comportement habituel : elles envahiront tout votre jardin. Ainsi, même si une plante semble jolie lorsqu’elle est encore petite, réfléchissez à la façon dont elle se comportera si vous ne vous en occupez pas. Elle risque de tout envahir.
• Il peut être tentant d’arracher les mauvaises herbes en laissant les racines en place. Mais une nouvelle plante risque alors de repousser. Pour éliminer les racines, la meilleure méthode ici, dans le désert, consiste à enfoncer un couteau dans la terre et à ameublir la terre autour des racines. Si nous transposons cette image à notre vie intérieure, nous pouvons considérer la terre comme notre cœur. Pour arracher quelque chose avec ses racines, il faut souvent d’abord enfoncer un couteau ; il faut que quelque chose de douloureux touche cette mauvaise herbe. C’est alors que nous sommes capables de l’arracher avec ses racines.
Pour conclure, je voudrais partager deux belles choses avec vous. La première est une interview que m’a accordée une camarade de la formation IFnT, dont j’ai parlé dans mon précédent blog. Elle a publié un article à ce sujet sur son blog. Pour ceux qui souhaitent la lire, voici son blog, en allemand. Et enfin, ma participation à un groupe de femmes qui se réunit toutes les deux semaines, composé de croyantes juives et internationales ainsi que de femmes bédouines. Il s’agit d’une initiative récente de Barnaba Israel. C’est formidable de rencontrer ces femmes vulnérables qui gagnent de plus en plus en confiance en elles. Chacune d’entre elles a son histoire et son parcours, mais nous nous réjouissons toutes de cette rencontre avec l’autre. La réunion s’articule autour d’un thème biblique ou d’un récit biblique, ce qui rend le partage d’expériences vivifiant pour chacune. C’est un lieu qui m’apporte beaucoup de joie et d’espoir.
Il semble que mon séjour en Israël touche à sa fin. Pour l’instant, j’ai l’intention de prendre l’avion pour la France le 7 août, afin de participer à la conférence « Espérance messianique » à Gagnières. Cela signifie qu’il me reste encore deux semaines, dont une que je consacrerai la semaine prochaine à la prière d’intercession lors du camp d’été pour adolescents organisé par le ministère « Streams in the Desert ». Mais, comme je le dis à mes amis en Israël lorsqu’ils me demandent quand je reviendrai : je ne sais pas quand je reviendrai, mais je reviendrai toujours !
Pour rester au courant, cliquez ici.




Commentaires